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Une histoire du sport

Le sport tel que nous l’entendons aujourd’hui ne correspond pas à la simple activité physique, ni à un simple jeu récréatif, ni à la pratique individuelle d’un loisir. Le sport renvoie à des règles, à des institutions, à l’organisation de championnats, à des pratiquants qui payent des cotisations, à des records… 

Le sport trouve ses origines dans la Grèce antique, mais sous une forme différente de celle qui prédomine de nos jours : 1/cette pratique collective était associée à des valeurs religieuses, éducatives et militaires ; 2/ le degré de violence admis dans des sports comme la lutte ou le pugilat était beaucoup plus élevé que celui qui est toléré de nos jours. Les Jeux Olympiques – organisés à partir du VIIIème siècle avant l’ère moderne – sont le symbole même de cette influence grecque sur le sport (terme qui n’existait pas à l’époque) et sur l’organisation de compétitions. 

L’histoire du sport et de l’athlétisme entre la chute de l’Empire romain d’Occident en 476 et le XIXème siècle reste très imprécise. Les fêtes religieuses du Moyen Age donnaient lieu à des jeux de balle très physiques entre corporations de métiers (drapiers, cordonniers…), quartiers ou villes rivales. Sous l’Ancien régime en France, l’aristocratie pratiquait à la cours de Versailles le Jeu de paume ; les gentilshommes étaient initiés très tôt à l’équitation et à l’escrime… 

Le sport contemporain trouve sa genèse dans l’Angleterre des XVIIIème des XIXème siècles, pays pionnier de la première Révolution industrielle. L’Angleterre utilise son système éducatif élitiste (les public schools comme Eton ou Cambridge) pour inventer et/ou promouvoir de nombreux sports dans une perspective aristocratique. C’est le cas du football ou encore du rugby (sports qui sont les héritiers de l’harpastum romain, de la soule médiévale ou du calcio florentin), mais c’est le cas également du tennis, du squash, de l’aviron (avec la fameuse course organisée dès 1820 entre les universités d’Oxford et de Cambridge), du golf, du cricket ou de la « boxe anglaise ». 

Ce modèle s’est diffusé par la suite dans les colonies britanniques (Commonwealth) et dans les pays industrialisés. Au XIXème siècle, l’Europe continentale met en place des « systèmes gymnastiques » dans une perspective hygiénique (promotion de la santé), voire militaire (l’exercice régulier est un moyen de discipliner son corps). 

La fin XIXème siècle est un tournant avec la refondation sur de nouvelles bases des Jeux Olympiques sous l’impulsion de Pierre de Coubertin. 

C’est aussi à la fin du XIXème siècle que les premières fédérations sportives apparaissent notamment en France (en s’inspirant de l’exemple anglais) avec l’Union des Sociétés de Gymnastique de France (1873), l’Union Vélocipédique (1881) ou encore l’Union des Sociétés Françaises de Sports Athlétiques (USFSA, 1889) qui rassemble la plus grande partie des sports pratiqués à l’époque (tennis, natation, football, rugby, pelote basque…). 

Mais le véritable changement se fait sur la première moitié du XXème siècle avec la Fédération Française de Football (1919), d’Athlétisme (1920), de Ski (1924), de Cyclisme (1941) ou de Judo (1947). Ces fédérations sont issues de scission avec l’USFSA et finalement de sa dissolution. 

Après la Seconde Guerre mondiale, un nouvel univers économique, médiatique et politique se met en place. Le niveau de vie des populations s’élève, les loisirs occupent une place plus importante (avec la baisse du temps de travail) et les mode de vie s’uniformisent (avènement des sports de masse). Les Etats deviennent interventionnistes, ils cherchent à encadrer les fédérations sportives, à mettre en place une politique du sport et à démocratiser l’accès au sport. En France, le premier véritable ministre des sports est Léo Lagrange en 1936/1938 (même s’il faut signaler, dans les années 1920, le rôle d’Henri Paté qui occupait le poste de sous-secrétaire d’Etat à l’éducation physique). Léo Lagrange est le sous-secrétaire d’Etat aux Sports et aux Loisirs dans le gouvernement du Front populaire, rattaché dans un premier temps au ministère de la Santé publique, puis sous l’autorité du ministère de l’Education nationale confié à Jean Zay. Léo Lagrange s’efforce de développer l’accès au sport pour tous, tout en s’opposant pour des raisons morales à la professionnalisation du sport. 

Après la Seconde Guerre mondiale, l’éducation physique et le sport s’inscrivent dans un projet de société qui est aussi un projet d’action sur le société. L’Etat développe un discours « rationalisateur » et centralisateur sur le sport, mais il doit composer avec les résistances des fédérations et des licenciés. Plus qu’une mise sous tutelle opérée par l’Etat, il vaut mieux parler de relations contractuelles entre les pouvoirs publics et la société civile (les fédérations bénéficiant d’une « délégation de service public »). 

L’Etat est là pour défendre l’intérêt général, il fixe un cadre juridique, il s’efforce de démocratiser le sport par la construction d’équipements sportifs (piscines, courts de tennis…), par l’organisation de compétitions et par le versement de subventions. L’action de l’Etat en France est mené par des grands commis comme Maurice Herzog (Secrétaire d’Etat à la Jeunesse et aux Sport de 1958 à 1965). Elle reçoit une nouvelle impulsion à chaque fois que la France connait de piètres résultats lors des grandes compétitions internationales, c’est le cas lors des Jeux Olympiques de Stockholm en 1912 ou des Jeux Olympiques de Rome en 1960. 

On peut parler d’un foisonnement de disciplines sportives , à tel point qu’il est difficile de faire un inventaire complet des sports qui sont pratiqués dans le monde. Ainsi, pour prendre un exemple, au sein des « sports de raquette », il est possible de pratiquer de nombreuses disciplines : le tennis, le ping-pong (tennis de table), le squash, le badminton, le pickleball, le jeu de paume, le speedball, le beach tennis… 

Avec le temps, de nouveaux sports apparaissent, en témoigne les Jeux olympiques qui à chaque édition accueillent de plus en plus de disciplines sportives. En témoigne également l’apparition de nouvelles pratiques comme le e-sport (electronique sport) qui correspond aux jeux vidéo pratiqués en compétition (en individuel ou en équipe). Le e-sport a ses propres fédérations (en France, la FFE, Fédération Française des sports Electroniques), ses propres championnat du monde… Parmi les e-sports les plus pratiqués et dont les compétitions sont les plus suivies on peut citer : Rocket League (jeu de football dans lequel le joueur contrôle une voiture), League of Legends (jeu de stratégie en équipe où l’on doit éliminer les soldats et détruire les bases des adversaires) ou Counter-Strike (affrontement entre terroristes et antiterroristes). 

Notons enfin que de nos jours, la professionnalisation du sport et la quête de la performance donnent à la recherche médicale et aux scientifiques une place qu’ils n’avaient pas dans le passé. Les sportifs professionnels sont soumis à des tests et à des contrôles de plus en plus nombreux sur des paramètres physiologiques : tests ADN, capteurs de glycémie (taux de sucre dans le sang), diabète… Le sport s’est déplacé dans les laboratoires. On a assisté à une « scientifisation » de la performance qui s’est accompagnée d’une vigilance particulière sur le mental : le psychologue, le préparateur mental veillent à la stabilité émotionnelle des champions, à la dynamique collective, à la cohésion de groupe, à l’expression des ressentis et à la 

gestion des conflits. Le champ exploré, analysé, chiffré dans les domaines physiologiques et mentaux ne cesse de s’étendre. On cherche à fabriquer un « homme augmenté » à défaut de pouvoir faire concourir des robots, la science-fiction a rattrapé le réel et les rêvez d’hybridation technologique ne sont pas loin… C’est la figure du grec Achille, le héros de la guerre de Troie, dont le corps est plongé dans le fleuve des Enfers pour qu’il devienne invulnérable. 

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Le sport a des origines anciennes, on trouve sa présence dans toutes les grandes civilisation (l’Egypte, la Grèce antique, l’Empire romain…). 

Il y a eu une invention récente d’un « sport moderne » en rupture avec ces pratiques plus anciennes, antiques ou médiévales. Ce modèle correspond à un mode de vie radicalement différent, il confère un poids énorme au marché, à la médiatisation et à la professionnalisation du sport. 

Lectures

Callède Jean-Paul, Les politiques sportives en France. Eléments de sociologie historique, Economica, 2000. 

Elias Norbert, « Sport et violence », Actes de la Recherche en Sciences Sociales, vol. 2(6), pp. 2-21, 1976. 

Falcoz Marc & Chifflet Pierre, « La construction publique des équipements sportifs. Aspects historique, politique et spatial », Les Annales de la recherche urbaine, n°79, pp. 14-21, 1998. 

Gaillard Raphaël, L’homme augmenté, Grasset, 2024. 

Raude Eugène & Prouteau Gilbert, Le message de Léo Lagrange, La Compagnie du livre, 1950. 

Terret Thierry, Histoire du sport, Presses Universitaires de France, 2023. 

Wahl Alfred, Le football, un nouveau territoire de l’historien, 1989.